echos-senegal : Entretien avec Amadou Niang Directeur du centre OMD de l’Afrique de l’ouest et du centre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La direction de la grande muraille verte fait du bon travail
*Nous voulons placer les populations au cœur de l’action
*Je cherche toujours des opportunités pour venir au Sénégal et travailler pour mon pays
*Créer une alliance en vue d’appuyer les communautés des zones arides


echos-senegal : Quel est le rôle du centre ?
Amadou Niang : Le centre OMD Afrique de l’ouest et du centre est une structure créé par l’université de Columbia aux Etats-Unis, il a pour rôle de voir les moyens d’opérationnaliser les objectifs du millénaire pour le développement au niveau local.

echos –senegal : Pourquoi un atelier sur les zones arides ?
Amadou Niang : L’idée est d’inventorier les différents acteurs dans le secteur, et de voir comment mettre en synergie les programmes, et aussi de créer une alliance en vue d’appuyer les communautés des zones arides.

echos-senegal : Comment comptez-vous opérer ?
Généralement l’université appuie les institutions existantes et ici au Sénégal nous avons ciblé le projet de la grande muraille verte.

echos-senegal : Quels sont les impacts liés à l’avancée du désert ?
Amadou Niang : D’abord il y a un impact humain car la disparition guette les communautés qui vivent au niveau de ses zones et l’arme première pour lutter contre ces phénomènes, c’est le potentiel humain qui peut agir, transformer et renverser la tendance de dégradation .Ensuite il y a les enjeux environnementaux liés aux changements climatiques. Ces phénomènes impactent négativement sur le mode de vie des communautés par exemple l’agriculture raison pour laquelle au niveau de l’université de Columbia nous avons développé des méthodes et des outils scientifiques et techniques pour appuyer ses populations à renverser les tendances de dégradation et renforcer les capacités d’adaptation et de préservation.

echos-senegal : Quelles sont les recommandations de votre atelier ?
Amadou Niang : D’abord placer les populations au coeur de l’action car d’habitude on agissait plus sur le milieu au détriment des communautés qui doivent être impliquées dans la lutte. Aujourd’hui la réussite des projets comme la grande muraille verte, passe par la restauration et l’amélioration des conditions de vie des populations. Elles doivent être le moteur des transformations des ses zones arides et semi-arides.

Nous avons insisté sur l’utilisation des nouvelles technologies de la communication pour agir efficacement, il faut aussi améliorer les outils des structures de recherche car souvent elles utilisent de vieilles méthodes qui sont passives, alors que pour espérer gagner la lutte il faut agir vite, intervenir pour transformer les tendances et évaluer les nouveaux résultats. Par exemple avec un téléphone portable (smart phone) on peut réaliser les situations de références sur le terrain et localiser l’ensemble des installations existantes, et puis il y a un gain de temps énorme. L’idée c’est de passer de la planification à l’intervention à travers des outils technologiques déjà expérimentés.

echos –senegal : Comment collaborez-vous avec les Etats ?
Amadou Niang : Nous aidons les communautés à travers les gouvernements, en accélérant l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement suivant les priorités fixées par le pouvoir en place. Certains Etats sont très réceptifs, c’est le cas du Nigeria. Dans ce pays nous intervenons dans 113 communes ce qui concerne plus de 180 millions d’habitants avec le concept de village du millénaire que nous avons développé. Pour le Sénégal les choses sont un peu plus compliquées, certes il y a des portes d’entrée mais c’est pas facile. Il y a beaucoup d’initiatives mais on manque de concentration et de détermination, les efforts sont trop dispersés et l’action et superficielle alors que le développement exige des actes en profondeur susceptibles de transformer concrètement les choses, j’avoue que souvent tel n’est pas le cas. I’ Etat doit concentrer ses forces dans un but bien définit, pour mettre en place des synergies d’actions opérationnelles. On a aussi besoin de persévérer dans ses actes pour arriver à des résultats .Néanmoins il y a beaucoup de ressources humaines de qualité au Sénégal et c’est dommage qu’elles gens restent dans l’ombre..

echos-senegal : Comptez-vous revenir au Sénégal pour apporter votre contribution à l’effort de développement ?
Amadou Niang : Certainement, moi ma priorité c’est le développement, Je cherche toujours des opportunités pour venir au Sénégal et travailler pour mon pays, et ceci même si on ne m’appelle pas. C’est le patriote qui parle, le Sénégal s’est mon pays, contribuer au développement du monde c’est bien, mais aider son pays à progresser est un devoir. Nous avons tous les désirs et le devoir de servir le pays et de rendre un peu ce qu’il a investi en nous.

Je pense qu’avec le projet de la grande muraille verte, nous allons appuyer les équipes en place qui sont très dynamiques. Il faut appuyer des gens en qui on a confiance et la direction de la grande muraille verte fait du bon travail, il y a une opportunité pour une synergie efficace de nos actions et nous sommes intéressés à travailler sur ce projet pour développer des stratégies et mettre en œuvre des programmes, identifier les gaps de financement et aider le gouvernement à mobiliser des ressources.